Transformer une conversation en commande qui a un total, une adresse et une date, tenir le coup du jeudi soir, et savoir qui confirme le paiement.
Sailo team11 min de lecture
« Bonjour, c'est encore possible pour samedi ? »
Vous répondez oui. Ensuite il faut demander combien de parts, si c'est à emporter ou livré, l'adresse, l'heure, préciser le prix, refaire le total à voix haute, redemander l'adresse parce qu'il manque le code de l'immeuble, et retrouver tout ça jeudi soir au milieu de dix-sept autres conversations.
La réponse courte. Une conversation n'est pas une commande. Une commande a quatre choses : un total, une adresse, une date, et un état (payée ou pas, préparée ou pas). Tant que ces quatre-là ne sont pas écrites au même endroit, vous n'avez pas de commande, vous avez un fil de discussion. Ce qu'il faut changer n'est pas WhatsApp, c'est l'endroit où la commande se rédige.
Awa fait traiteur sénégalais à Montreuil. Plats à emporter et livrés, 12 € la part. Elle prend les commandes le jeudi pour le week-end, environ 60 parts par week-end. Soit 720 € qui transitent par une messagerie qui n'a pas été faite pour ça.
WhatsApp est là où la conversation a lieu en France, et c'est un vrai avantage. Les gens vous répondent. Ils vous envoient une photo du plat de la semaine dernière à leur cousine. Ils commandent à 23 h un jeudi parce qu'ils y pensent à ce moment-là. Aucun formulaire ne fait ça.
Ce que WhatsApp ne fait pas : il ne calcule pas un total, il ne garde pas d'état, et il ne trie pas. Une conversation est une pile chronologique. La commande la plus urgente n'est pas en haut, la plus récente est en haut. Ce n'est pas la même chose, et c'est exactement là que les commandes se perdent.
Une messagerie sait transporter une commande. Elle ne sait pas la tenir.
Comptez-les une fois, sur une vraie conversation, en remontant.
Salutation. Question sur la disponibilité. Réponse. Question sur le prix. Réponse. Question sur les quantités. Réponse. Précision sur le plat sans piment. Confirmation. Question livraison ou retrait. Adresse. Demande du code d'immeuble. Code. Question sur l'heure. Réponse. Total. « Ah pardon je rajoute deux parts. » Nouveau total. Coordonnées de paiement. Confirmation du virement. Merci. Merci à vous.
Vingt-deux messages, dont dix-neuf que vous avez déjà écrits mot pour mot cette semaine. Le contenu utile tient en six lignes : quatre parts de thiéboudienne, une sans piment, livraison samedi entre 12 h et 14 h, 12 rue Gabriel Péri à Montreuil, code 4512B, 48 € plus 4 € de livraison.
L'idée n'est pas d'écrire plus vite. C'est que ces six lignes arrivent déjà rédigées, avec le total déjà additionné, et que la conversation serve à ce qu'elle fait bien : rassurer, préciser, remercier.
Concrètement, ça veut dire que l'acheteur compose sa commande sur une page, choisit ses options, et que WhatsApp reçoit le message final. Il vous reste à répondre « c'est noté, samedi 12 h 30 ». Un message au lieu de vingt-deux.
WhatsApp Business propose un catalogue, et il rend un vrai service : la personne voit vos plats sans que vous ayez à renvoyer les mêmes photos toutes les semaines.
Ce qu'il ne fait pas, c'est la commande. Il ne compose pas un panier de quatre parts dont une sans piment avec livraison le samedi, il ne calcule pas de total, et il ne garde pas la trace de ce qui est payé. Le catalogue montre. La commande, elle, doit être écrite quelque part.
C'est la même logique que le lien de votre profil Instagram, qui doit mener à quelque chose où l'on commande, pas à un menu en photo. Si vous ne savez pas encore quoi y mettre, que mettre dans le lien bio le détaille.
Les réponses rapides de WhatsApp Business sont la fonctionnalité la plus sous-utilisée de tout le téléphone. Vous tapez un raccourci, le message complet se déroule. Quatre suffisent.
La confirmation. « C'est noté : 4 parts, une sans piment, livraison samedi entre 12 h et 14 h au 12 rue Gabriel Péri, code 4512B. Total 52 € livraison comprise. Je confirme dès que le virement apparaît sur mon compte. » Reprendre la commande en toutes lettres divise par deux les corrections du samedi matin.
Le départ. « Je pars dans dix minutes, je serai chez vous entre 12 h 30 et 12 h 45. Si vous ne pouvez pas descendre, dites-le-moi maintenant. » Cette dernière phrase vous évite les vingt minutes passées dans une cage d'escalier.
Le virement que vous n'avez pas encore vu. « Merci, je regarde. Il n'apparaît pas encore sur mon compte, entre deux banques ça met parfois quelques heures. Dès que je le vois, je vous confirme. » C'est le message le plus délicat de la semaine et c'est celui qu'il ne faut surtout pas improviser à 23 h. La mécanique complète, avec le nom du titulaire à afficher et le seuil au-dessous duquel on ne discute pas, est dans se faire payer par virement.
La rupture. « Le yassa est parti pour ce week-end. Il me reste du mafé et du thiéboudienne, je peux vous garder 4 parts de l'un ou l'autre jusqu'à ce soir. » Une rupture annoncée avec une alternative et une heure limite se transforme en vente dans la plupart des cas. Une rupture annoncée toute seule ne se transforme en rien.
Aucune de ces quatre-là ne demande de réfléchir. C'est précisément pour ça qu'il faut les écrire un mardi, calmement, et pas un jeudi à 23 h.
Awa prend ses commandes le jeudi. Entre 20 h et 23 h, elle reçoit l'essentiel de sa semaine.
Ce qui se perd ce soir-là, ce n'est pas la commande qu'elle traite. C'est celle qui arrive pendant qu'elle répond à la précédente : elle remonte dans la liste, une autre passe au-dessus, et à 23 h elle est enterrée sous quatre conversations. Le samedi matin, quelqu'un attend six parts qui n'ont jamais été cuisinées.
Il y a une règle simple qui règle ça et elle ne coûte rien : ne jamais traiter une commande dans la conversation. Traitez-la une fois qu'elle est ailleurs.
En pratique, deux niveaux. Le premier, gratuit et immédiat : ouvrez une note sur le téléphone, une ligne par commande, prénom, quantité, retrait ou livraison, payé ou pas. Vous barrez quand c'est préparé. C'est laid et ça marche mieux que la mémoire. Le second : que la commande arrive déjà écrite et déjà additionnée, et que la note serve seulement à cocher.
Les étiquettes de WhatsApp Business aident aussi, à condition de n'en garder que trois. « À confirmer », « Payé », « Préparé ». Sept étiquettes, personne ne les tient au-delà de trois semaines.
Un e-mail sur les prix, les photos, la livraison et le fait d'être payé. Sans pub et sans remplissage.
Ça arrive toutes les semaines. Vous avez pesé, emballé, écrit le nom sur le couvercle, et le message tombe : « finalement on sera six ».
Décidez d'une heure limite et affichez-la avant d'en avoir besoin. Chez Awa, c'est le vendredi 18 h. Après, elle ajoute si elle peut, mais elle ne retire plus, et elle le dit franchement : « Je peux ajouter deux parts, mais je ne peux plus enlever, tout est cuit depuis ce matin. »
Ce qui compte, c'est que la limite existe avant la demande. Une règle annoncée à l'avance est acceptée sans discussion. La même règle inventée au moment du refus est vécue comme un refus personnel.
Et si la modification passe, refaites le total en entier dans le message de confirmation. Ne dites jamais « ça fait 24 € de plus ». Dites « le nouveau total est de 76 €, dont 4 € de livraison ». Les erreurs de montant au moment du virement viennent presque toutes d'un total partiel envoyé en cours de route. Si la ligne de livraison n'est pas encore claire dans votre tête, calculer ses frais de port donne la méthode pour la poser une fois pour toutes.
Voilà le point dont personne ne parle avant qu'il soit trop tard.
Si vous vendez sur votre numéro personnel, ce numéro devient le numéro de la boutique. Vous ne pouvez plus le confier à quelqu'un pendant vos vacances. Vous ne pouvez pas l'éteindre sans éteindre aussi votre vie. Vos clients voient votre photo de profil, vos statuts, et le fait que vous étiez en ligne à 1 h du matin.
L'option honnête, c'est un second numéro, sur une deuxième carte SIM ou une eSIM, avec l'application WhatsApp Business dessus. Ça sépare vraiment les deux, et ça permet un profil avec l'adresse, les horaires et un message d'absence.
Ce n'est pas gratuit et ce n'est pas instantané. Il faut payer une ligne, porter un deuxième numéro, et surtout accepter que changer de numéro plus tard veut dire prévenir tous vos clients un par un. Autant le faire tôt, pendant que la liste est courte.
Ce qu'aucun réglage ne changera : la conversation arrive sur un téléphone que vous portez sur vous. La seule chose qui protège vraiment vos soirées, ce sont des horaires.
Écrivez-les et affichez-les. « Commandes du lundi au jeudi 20 h. Réponses de 9 h à 20 h. » Mettez-les dans le profil, dans le message d'absence, sur la page où l'on commande.
Puis tenez-les pendant trois semaines, ce qui est la partie difficile. Répondre à 23 h une seule fois enseigne à tout le monde que vous répondez à 23 h, et il faut ensuite deux mois pour désapprendre ça à quarante personnes.
Un message d'absence bien écrit fait la moitié du travail : « Je réponds à partir de 9 h. Vous pouvez commander à tout moment sur le lien ci-dessous, la commande m'arrive et je la confirme demain matin. » La personne n'attend plus une réponse, elle a une action à faire. C'est la différence entre une commande qui se perd la nuit et une commande qui vous attend au réveil.
Sur Sailo, l'acheteur choisit ses articles et ses options sur votre page, remplit l'adresse, et la commande arrive dans WhatsApp déjà rédigée : article, options, adresse, total. Vous n'assemblez rien. Vous répondez.
WhatsApp fait partie des moyens de paiement disponibles, au même titre que le virement, Instagram, Telegram, le téléphone, l'e-mail et le paiement à la livraison. Sur tous ceux-là, Sailo ne prend aucune commission et ne touche jamais l'argent. La seule commission qui existe est de 1–3 % sur la valeur des produits quand le paiement se fait par carte, et la carte demande un compte Stripe validé.
Maintenant les limites, et elles comptent.
WhatsApp est un canal manuel de bout en bout. Sailo écrit la commande, il ne confirme jamais le paiement. Personne ne le fait à votre place. Si vous partez trois jours, rien n'est confirmé, et les commandes attendent votre retour. Sur un jeudi soir à 60 parts, ça se tient très bien. Sur un canal où l'argent doit être constaté automatiquement, non.
Deux autres choses à savoir avant de vous organiser autour. Il n'y a pas d'application native : c'est une page web, sur votre téléphone comme sur celui de l'acheteur. Et la formule gratuite s'arrête à 10 produits, ce qui suffit largement pour une carte de traiteur, beaucoup moins pour un catalogue de créateur.
60 parts par week-end à 12 €, ça fait 720 € de produit.
Avant de mettre de l'ordre, elle perdait deux choses. Du temps d'abord : trois heures le jeudi soir passées à écrire les mêmes phrases, plus une heure le vendredi à recouper qui avait payé. Et des commandes, une ou deux par mois, enterrées dans la liste et retrouvées le samedi trop tard. Deux commandes de quatre parts, 96 €.
Ce qu'elle a changé tient en une soirée de mardi. Quatre réponses rapides enregistrées. Une heure limite affichée, vendredi 18 h. Trois étiquettes. Et la commande qui arrive rédigée avec le total déjà additionné, au lieu d'être assemblée en vingt-deux messages.
Le jeudi soir est passé de trois heures à quarante minutes. Ce n'est pas le chiffre d'affaires qui a changé le plus, c'est le vendredi.
Ouvrez WhatsApp Business et écrivez vos quatre réponses rapides, maintenant, pendant que c'est calme. Fixez une heure limite de modification et écrivez-la dans votre profil. Puis remontez votre dernière commande et comptez les messages qu'il a fallu pour l'obtenir.
Ce nombre est votre point de départ. Tout ce qui le fait descendre vous rend une soirée.
Et si vous voulez que la commande arrive rédigée au lieu d'être reconstituée à la main, l'organisation complète, de la photo au paiement, est dans vendre sur Instagram sans site.
Écrit par
Sailo team
Un lien, toute votre boutique.
Un e-mail sur les prix, les photos, la livraison et le fait d'être payé. Sans pub et sans remplissage.
Sailo lui met simplement une porte d'entrée — pour qu'on puisse parcourir, comparer et voir les prix avant de vous écrire.
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