Que mettre dans le lien bio pour arrêter de répondre aux mêmes questions. Le prix, le port, la façon de commander, et ce qui n'a rien à faire là.
Sailo team12 min de lecture
« Coucou, elle fait quelle taille l'affiche ? Et tu livres en Belgique ? »
Trois messages identiques dans la même soirée, et vous répondez trois fois la même chose au lieu d'emballer. Ce n'est pas de la curiosité. C'est votre page qui n'a pas fait son travail.
Que mettre dans le lien bio, la réponse courte : quatre informations, visibles sans scroller. Ce que vous vendez. Combien ça coûte. Comment on commande. D'où part le colis et à peu près ce que coûte le port. Tout le reste est du décor, et le décor n'a jamais rempli un carton.
Nadia dessine et fait imprimer ses illustrations à Toulouse. 25 € l'affiche A3, plus quelques originaux, et un stand en marché de créateurs deux week-ends par mois. Ses chiffres reviendront plus bas, ils sont instructifs.
Comptez les appuis entre le moment où quelqu'un voit votre dessin et le moment où il peut payer.
Photo dans le fil. Appui sur le pseudo. Appui sur le lien. Là, une page de six boutons. Appui sur « Boutique ». Chargement d'un autre site. Appui sur une catégorie. Appui sur le produit. Sept.
Chaque appui se fait dans le RER, avec deux barres de réseau, entre deux stations. Personne ne compte les appuis à voix haute, mais tout le monde les ressent, et le moment le plus dangereux est celui où il faut quitter Instagram pour charger autre chose. C'est là que la personne se souvient qu'elle faisait autre chose.
Le but n'est pas d'avoir un beau lien bio. C'est d'avoir le moins d'écrans possible entre l'envie et le paiement.
Trois appuis, c'est faisable : photo, profil, lien, et on est déjà sur la page où l'on commande. Ça change ce qu'il faut mettre derrière ce lien.
Un arbre de liens, par construction, pointe ailleurs. Il n'est jamais la destination. C'est très bien pour un musicien qui veut envoyer les gens vers cinq plateformes de streaming. Pour quelqu'un qui vend des affiches à 25 €, ça ajoute un écran dont le seul contenu est une liste de choix.
Une page qui est la boutique fait l'inverse : les produits, les prix, les options et le bouton de commande sont dessus. Rien à charger de plus. La personne qui arrive n'a pas de décision à prendre avant de voir un prix, et c'est exactement l'ordre qui convient à un achat d'impulsion à 25 €.
Le test est simple. Ouvrez votre lien sur le téléphone de quelqu'un d'autre. Si la première chose visible est une liste de boutons plutôt qu'un produit avec son prix, vous avez un panneau indicateur, pas une boutique.
Au-dessus de la ligne, c'est ce qu'on voit avant de faire glisser le pouce. Vous avez la place pour quatre choses, et l'ordre compte.
| Élément | Pourquoi il est là | À quoi ça ressemble |
|---|---|---|
| Ce que vous vendez | La personne vient d'une photo, pas de votre profil | « Illustrations et affiches A3, imprimées à Toulouse » |
| Le prix | Sans lui, elle vous écrit au lieu d'acheter | « Affiches A3 25 € » |
| Comment on commande | Un bouton, pas une explication | « Commander » qui ouvre la commande |
| D'où ça part et le port | Tue la moitié des messages privés | « Expédié de Toulouse, relais 5 €, domicile 8 € » |
Notez ce qui n'est pas dans le tableau : votre histoire, votre parcours, la raison pour laquelle vous vous êtes mise à dessiner. Ce n'est pas que ça n'intéresse personne. C'est que ça intéresse les gens après le prix, pas avant. Descendez-le plus bas sur la page, il fera son effet là où il est utile.
Une chose encore, et elle passe avant le texte : la première photo. Si elle est floue, mal cadrée ou d'une couleur qui ne correspond pas au tirage, aucune ligne de texte ne rattrape ça. Photographier ses produits au téléphone explique comment obtenir une image nette au bord d'une fenêtre, sans matériel.
Ces deux messages sont les plus fréquents chez les créateurs français, et ils coûtent bien plus qu'ils n'en ont l'air.
Nadia les recevait neuf fois en octobre. Elle a ajouté une ligne, en deuxième position sur sa page : « J'expédie de Toulouse sous 3 jours ouvrés. Point relais 5 €, domicile 8 €, Belgique et Suisse sur demande. » En novembre, elle en a reçu un. Les tarifs sont les siens, calculés sur ses propres colis et sa grille du mois, alors refaites le calcul avec les vôtres avant de recopier ces chiffres.
Ce qui compte n'est pas d'avoir raison sur le port au centime près. C'est qu'un acheteur qui ne sait pas d'où part le colis suppose le pire, et le pire c'est trois semaines et un colis qui vient d'ailleurs. Une ville française écrite noir sur blanc supprime ce doute en un mot.
Le même raisonnement vaut pour le délai. « Sous 3 jours ouvrés » vaut mieux que rien, même si vous mettez parfois quatre jours. Un délai annoncé transforme l'attente en information. Une attente sans délai, ça s'appelle un silence, et le silence fait écrire des messages.
C'est la partie que beaucoup de créateurs repoussent, et il faut la dire franchement.
Une page sans prix ne protège pas votre travail, elle filtre à l'envers. Les personnes prêtes à payer 25 € pour une affiche partent parce qu'elles ne veulent pas demander. Celles qui restent et écrivent sont souvent celles qui vont négocier. Vous vous retrouvez avec plus de conversations et moins de ventes, et vous passez vos soirées à taper « 25 € » une fois par personne.
Il y a un deuxième effet, moins évident. Un prix affiché vous engage, et cet engagement vous force à tenir un prix cohérent d'un mois sur l'autre. Beaucoup de gens qui n'affichent pas leurs prix ne les ont simplement pas encore fixés pour de bon. Si c'est votre cas, le problème n'est pas la page.
Pour les pièces uniques et les commandes personnalisées, affichez au moins un point de départ : « Portrait personnalisé à partir de 60 €, compter 2 semaines. » Ça filtre correctement, et la conversation qui suit commence au bon endroit.
Un e-mail sur les prix, les photos, la livraison et le fait d'être payé. Sans pub et sans remplissage.
Une liste courte, parce que chaque élément retiré est un appui gagné.
Le principe derrière la liste : tout ce qui n'est pas un produit, un prix ou un moyen de commander repousse le produit vers le bas de l'écran. Sur un téléphone, le bas de l'écran est un endroit où beaucoup de gens ne vont jamais.
Instagram vous donne un lien de profil, et c'est le seul qui compte vraiment sur la durée. Toute la tentation consiste à le changer chaque semaine selon ce que vous poussez. Ne le faites pas.
Le jour où vous remplacez votre lien par une page de promotion de Noël, toutes vos publications des deux dernières années pointent vers cette promotion. Et le 3 janvier, quand vous la retirez, elles pointent vers une page morte. Vous ne les rattraperez pas.
La manière qui tient : le lien de profil ne change jamais, et la promotion vit en haut de cette même page. Une bannière, un produit mis en avant, un code promo affiché. Quand la promotion se termine, vous retirez la bannière et le lien continue de fonctionner comme avant. Les codes promo, chez Sailo, demandent la formule Business ; sans ça, vous pouvez toujours annoncer une remise en texte et l'appliquer à la main en confirmant la commande.
Même logique pour l'ordre des produits. Plutôt que de créer une page par saison, remontez en haut de page ce que vous voulez vendre maintenant. La rentrée, le marché de Noël, une nouvelle série : c'est le contenu qui bouge, pas l'adresse.
Voici le cas que personne n'anticipe, et il fait mal.
Vous mettez un lien de story vers une affiche précise. En deux heures, les six tirages partent. La story, elle, reste visible dix-neuf heures de plus, et chaque personne qui appuie dessus atterrit sur un produit épuisé, ou pire, sur une page d'erreur si vous l'avez supprimé.
Deux réflexes valent mieux qu'un. Le premier : ne supprimez pas un produit épuisé, marquez-le épuisé. La page dit alors « plus disponible, réédition prévue », ce qui est une information utile, et vous récupérez des gens qui reviendront. Le second : pour une story, préférez le lien vers la page complète plutôt que vers un seul article, en disant à l'oral ou en texte « c'est la deuxième en partant du haut ». Un visiteur qui arrive sur la page entière voit sept autres affiches. Un visiteur qui arrive sur un produit épuisé voit une déception.
Et gardez une réponse rapide prête pour les messages qui suivront : « Celle-là est partie, il en reste deux du même format, je te montre ? » Vous en récupérez une partie. Le reste du système de messages, avec la commande qui arrive déjà rédigée, est dans vendre sur WhatsApp.
Sur ses 30 derniers jours de statistiques : 212 visites sur la page, 18 commandes. Un peu plus de 8 sur 100. À 25 € l'affiche, ça fait 450 € par mois qui n'existaient pas quand son lien menait vers une liste de boutons.
Ce qui a bougé n'est pas spectaculaire. Le prix est monté en haut de page. La ligne d'expédition avec Toulouse et le tarif relais est passée en deuxième position. Elle a retiré son lien Pinterest et son lien de newsletter du haut de la page, ce qui a remonté deux affiches au-dessus de la ligne. Les messages privés « c'est combien ? » ont presque disparu, et ceux qui restent portent sur les encadrements, ce qui est une bien meilleure conversation.
Le marché de créateurs continue de faire l'essentiel de son chiffre. La page ne l'a pas remplacé. Elle a servi à autre chose : les gens rencontrés au stand, qui repartent avec le pseudo noté sur un ticket, commandent maintenant depuis chez eux au lieu d'attendre le marché suivant.
Votre lien est du type sailo.store/votrenom et il est actif dès l'inscription. La page porte les produits, les prix, les options, les avis clients que vous avez approuvés, et les moyens de commander : carte, WhatsApp, Telegram, message privé Instagram, e-mail, téléphone, virement bancaire, paiement à la livraison. Elle est le magasin, pas le panneau qui l'indique.
Trois limites, dites clairement.
Il n'y a pas d'application native. Vous gérez tout depuis le navigateur de votre téléphone, ce qui marche bien mais ne mettra jamais d'icône sur votre écran d'accueil ni de notification quand une commande arrive.
La formule gratuite s'arrête à 10 produits. Pour Nadia, avec douze affiches et trois formats, ça devient serré au bout de deux séries.
Et la formule gratuite garde 7 jours de statistiques. Vous saurez donc ce que les gens ont regardé le mois dernier, pas ce qu'ils regardaient en décembre. Si vous voulez comparer une rentrée à l'autre, notez vos chiffres à la main chaque fin de mois, ou passez à une formule qui conserve un historique plus long.
Ouvrez votre lien sur le téléphone d'une autre personne, sans rien expliquer, et demandez-lui deux choses : ce que vous vendez, et combien ça coûte. Si elle doit faire défiler la page pour répondre, vous savez quoi déplacer.
Ensuite, écrivez la ligne d'expédition. Votre ville, le délai, le tarif relais et le tarif domicile. Une seule phrase, en deuxième position sur la page. C'est le changement qui rapporte le plus vite, et il prend deux minutes.
Si votre page est prête et que le problème est plutôt qu'il n'y a encore personne pour la voir, la suite est ailleurs : obtenir ses premières commandes part de zéro abonné. Et pour remettre cette page à sa place dans le circuit complet, entre les stories et le virement qui arrive, vendre sur Instagram sans site suit une commande du début à la fin.
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Sailo team
Un lien, toute votre boutique.
Un e-mail sur les prix, les photos, la livraison et le fait d'être payé. Sans pub et sans remplissage.
Sailo lui met simplement une porte d'entrée — pour qu'on puisse parcourir, comparer et voir les prix avant de vous écrire.
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