Le relais coûte moins cher et beaucoup d'acheteurs le préfèrent. Ce que l'écart fait sur un mois, où chaque option rate, et comment proposer les deux.
Sailo team12 min de lecture
« Je vous mets en point relais ou à domicile ? » Vous posez la question à chaque commande, l'acheteuse répond « comme vous voulez », et vous tranchez au hasard une option qui vous coûte 1,80 € de plus que l'autre. Quarante-cinq fois par mois.
Réponse courte : proposez les deux, affichez le prix réel de chacune, et mettez le relais en premier. Il coûte moins cher, une bonne partie des acheteurs le préfère vraiment, et l'écart cumulé sur un mois dépasse tout ce que vous grignoterez ailleurs. Mais le relais a ses propres façons de rater, et si vous vendez fragile, ce n'est pas neutre.
Marion tourne de la céramique à la main à Rennes. Ses tasses sont à 28 €, son colis type pèse 640 g emballé, et elle expédie environ 45 colis par mois. Tous les chiffres qui suivent viennent de son compte et de sa balance, ce mois-ci. Ce ne sont pas des tarifs de transporteur, ils bougeront, et ils ne seront pas les vôtres. Ouvrez votre propre grille et refaites le calcul avec vos poids à vous.
Le colis de Marion, emballé pour partir, c'est 310 g de tasse et 330 g de tout ce qui l'entoure : papier de soie, papier bulle, calage carton, boîte double cannelure, carte, scotch renforcé.
Ce mois-ci, sur son compte, le même colis lui est facturé 4,60 € en relais et 6,40 € à domicile. Son emballage lui revient à 1,53 €. Elle facturait un forfait unique de 5,50 €, parce que c'était simple et parce que tout le monde autour d'elle faisait ça.
| Point relais | Domicile | |
|---|---|---|
| Port relevé par Marion ce mois-ci | 4,60 € | 6,40 € |
| Emballage | 1,53 € | 1,53 € |
| Coût réel de l'expédition | 6,13 € | 7,93 € |
| Ce qu'elle facturait (forfait 5,50 €) | 5,50 € | 5,50 € |
| Écart par commande | -0,63 € | -2,43 € |
| Colis ce mois-ci | 29 | 16 |
| Écart sur le mois | -18,27 € | -38,88 € |
57,15 € sur trente jours. Un peu plus de deux tasses tournées, séchées, émaillées, cuites deux fois, emballées et expédiées gratuitement.
Le forfait n'est pas le principal coupable, et c'est là que ça devient intéressant. Sortez l'emballage du calcul : sur le même mois, avec le même forfait, Marion dégageait 11,70 €. C'est le carton, à 68,85 € sur trente jours, qui transforme un petit bénéfice en trou de 57,15 €. Si vous n'avez pas encore fait cette addition pour vos propres colis, faites-la avant de lire la suite : la méthode complète est dans calculer les frais de port.
Maintenant la partie que presque personne ne calcule. Quand Marion a affiché 6,15 € pour le relais et 7,95 € pour le domicile, deux choses ont bougé en même temps. Elle a arrêté de perdre sur chaque colis, et le mélange s'est déplacé, parce qu'un acheteur qui voit 1,80 € d'écart choisit souvent le relais alors qu'il aurait pris le domicile quand les deux étaient au même prix.
Refaites le compte avec 36 colis en relais et 9 à domicile au lieu de 29 et 16, en gardant l'ancien forfait : la perte tombe à 44,55 € au lieu de 57,15 €. Douze euros soixante par mois, gagnés uniquement parce que le prix affiché a dit la vérité à l'acheteur. Vous ne récupérez pas ça en changeant de carton.
C'est l'erreur de cadrage la plus courante chez les vendeurs. On propose le relais en s'excusant, comme une option économique pour ceux qui comptent, et on met le domicile en haut parce que ça fait plus sérieux.
Regardez la journée d'un acheteur. Le facteur passe à 11 h, et à 11 h l'acheteur est au bureau. La livraison à domicile suppose que quelqu'un soit chez soi à une heure que personne ne lui annonce vraiment. Le buraliste du coin, lui, est ouvert jusqu'à 19 h, souvent le samedi, et il est sur le trajet du retour.
Pour une grande partie des acheteurs, le relais n'est pas le compromis. C'est le service. Le domicile, c'est le pari.
Le relais évite aussi trois désagréments précis : le colis laissé chez un voisin qu'on ne connaît pas, l'avis de passage qu'on ne trouve jamais, et le déplacement au bureau de poste qui est bien plus loin que le tabac d'en bas. Rien de tout ça n'est théorique. C'est le genre de chose qu'un acheteur ne vous dira pas, mais qui décide de sa deuxième commande.
Ce qui ne veut pas dire que ça marche à tous les coups.
Le relais ferme. C'est un commerce, pas un service public. Il ferme deux semaines en août, entre Noël et le Nouvel An, ou pour cause de travaux. Selon le transporteur, le colis est redirigé vers un autre point, ou renvoyé. L'acheteur, lui, reçoit une notification qui ne dit pas toujours laquelle des deux.
Le relais est plein. Un tabac de quartier avec une arrière-salle de six mètres carrés accepte un nombre limité de colis. En novembre, il sature. Votre colis repart ailleurs ou attend au dépôt, et personne ne vous prévient, vous.
Le délai de garde. Le colis n'attend pas indéfiniment. Il y a une durée de mise à disposition, elle est indiquée sur l'avis, elle n'est pas la même chez tous les transporteurs, et elle se compte en jours. Ensuite le colis repart. C'est la première cause de retour chez Marion, et c'est celle qu'une phrase dans le message de confirmation supprime presque entièrement.
Le relais que l'acheteur n'a jamais vu. Il choisit dans une liste, il prend le premier, et il découvre qu'il ferme le lundi, ou entre 12 h et 15 h, ou qu'il est dans une rue où on ne se gare pas.
Le colis le plus cher n'est pas celui qui casse. C'est celui qui revient.
Chez Marion, deux retours ce trimestre. Chacun lui a coûté 10,73 € en port de retour, réexpédition et nouvel emballage, avant même de compter la tasse et l'heure passée à comprendre ce qui s'était passé.
L'avis de passage introuvable. Glissé sous la porte, tombé derrière le paillasson, ou déposé dans une boîte aux lettres collective sans nom.
Le voisin. Le colis est remis à quelqu'un qui part en vacances le lendemain. Techniquement livré. Concrètement introuvable pendant dix jours, et c'est vous qu'on écrit.
Le hall d'immeuble. Déposé derrière le portail, dans le hall, sous l'auvent, un jour de pluie. Une tasse en céramique dans un carton détrempé, ça se termine mal.
Le digicode. L'acheteur a rempli l'adresse et pas le code, ou pas l'étage. Demandez-le. Une ligne « digicode et étage » dans le champ de notes vous économise une seconde présentation.
Le retour au dépôt. Là où le domicile devient franchement moins bon que le relais : quand ça rate, le colis part dans un point de retrait qui n'est ni choisi ni proche, parfois à plusieurs kilomètres.
En zone rurale, la logique s'inverse souvent. Dans un village, le facteur connaît la maison, il laisse le colis à l'abri, et le domicile est plus sûr que n'importe quel relais.
Un e-mail sur les prix, les photos, la livraison et le fait d'être payé. Sans pub et sans remplissage.
Marion vend de la céramique tournée. Un colis en relais passe par un tri de plus, il est posé sur une étagère, et il peut avoir d'autres colis dessus.
Sur douze mois et environ 540 envois, elle a eu cinq casses. Quatre étaient parties en relais. Son volume est trop petit pour en tirer une loi, et je ne vais pas vous en présenter une. Il était assez grand pour changer sa façon d'emballer.
Chaque casse lui coûte 13,13 € : la matière et les deux cuissons, le nouvel emballage, la réexpédition. Cinq casses, 65,65 € sur l'année, soit 12 centimes par colis à provisionner.
Voici la partie qui surprend. Elle a ajouté une seconde couche de calage sur les colis en relais, ce qui lui coûte 0,40 € de plus par colis, donc environ 139 € sur l'année. C'est plus que les casses que ça évite. Elle le fait quand même, parce qu'une tasse cassée ne coûte pas 13,13 €, elle coûte 13,13 € plus une conversation désagréable, plus une cliente qui ne repasse pas commande. Ce dernier chiffre-là, personne ne sait le calculer, et il est plus grand que les deux autres.
Si vous vendez fragile, mettez le calage dans votre prix de revient au lieu de le sortir de votre marge. C'est exactement le sujet de fixer ses prix en artisanat, et la ligne emballage y pèse plus lourd qu'on ne croit.
Depuis Rennes, on a du mal à imaginer que le relais puisse être un problème d'accès. Il y en a un tous les trois cents mètres.
Marion a eu une commande où le point le plus proche proposé à son acheteuse était à 14 kilomètres. En voiture, un aller-retour, pour une tasse à 28 €. La densité du réseau chute vite dès qu'on sort des agglomérations, et elle n'est pas la même d'un transporteur à l'autre sur la même commune.
Concrètement : ne supprimez pas le domicile. Si vous ne proposez que le relais parce que c'est moins cher, vous perdez les acheteurs pour qui il est à quarante minutes. Et si un acheteur choisit le domicile en payant plus cher, il a probablement une bonne raison que vous ne voyez pas depuis votre atelier.
Quatre cas, quatre réponses différentes, et aucune ne se devine.
La Corse est presque toujours une zone tarifaire à part, et l'offre de relais n'y est pas la même que sur le continent. L'outre-mer est une autre zone encore, avec des services qui ne sont pas tous proposés, des délais qui n'ont rien à voir, et des questions de fiscalité et d'octroi de mer que je ne trancherai pas ici. Posez-les à impots.gouv.fr ou à un comptable avant de mettre un prix.
La Belgique est dans l'Union européenne, mais c'est une ligne tarifaire séparée, à ouvrir avant de promettre quoi que ce soit. La Suisse n'est pas dans l'Union : il y a des formalités douanières, un formulaire à remplir, et une valeur à déclarer. Ce que la douane demande exactement, c'est la douane qui le dit, pas moi. Regardez douane.gouv.fr avant votre premier envoi, pas après.
La règle qui couvre les quatre : n'appliquez jamais votre forfait métropole à ces destinations par défaut. Faites des lignes séparées, ou écrivez « nous contacter » et calculez au cas par cas.
Deux options. Pas quatre.
Un acheteur devant six lignes de livraison ne compare pas, il ferme l'onglet. Ce que vous mettez sur la page :
Le relais en premier, parce que c'est celui qui vous coûte le moins et que c'est souvent celui qu'on veut. Le prix visible sur chaque ligne, parce que c'est ce qui déplace le mélange. Et pas d'adjectif : « rapide », « sécurisé », « standard » ne veulent rien dire et fabriquent de l'hésitation.
Ajoutez une phrase dans le message de confirmation, celle qui vous évitera le plus de retours :
« Votre colis reste disponible au relais pendant le délai indiqué sur l'avis que vous recevrez. Passé ce délai il repart chez moi, et la réexpédition est à refaire. »
Une phrase. Elle vaut plus cher que n'importe quel changement de transporteur.
Il faut le dire clairement avant que vous n'organisiez votre boutique autour d'une fonction qui n'existe pas.
Sailo ne connaît pas vos transporteurs. Vos options de livraison sont du texte libre avec le prix que vous fixez vous-même. Pas de calcul de tarif au poids, pas de grille connectée, pas d'étiquette, pas de suivi automatique, et pas de sélecteur de point relais. Si vous proposez les deux, vous écrivez deux options, et c'est vous qui lisez l'adresse de l'acheteur pour vérifier que ça tient debout.
En pratique, pour le relais : demandez le point souhaité dans le champ de notes ou dans le message, ou écrivez à l'acheteur après la commande. Un aller-retour. Ce n'est pas élégant, c'est honnête, et ça fonctionne tous les jours pour des gens qui expédient quarante colis par mois.
Ce que Sailo fait bien ici : le total affiché à l'acheteur inclut le port que vous avez saisi, donc personne n'additionne de tête. Les commandes qui arrivent par WhatsApp sont pré-rédigées avec l'article, les options, l'adresse et le total. Et si vous encaissez par virement ou en paiement à la livraison, Sailo ne prend aucune commission et ne touche jamais l'argent. La seule commission qui existe est de 1–3 % sur les paiements par carte, calculée hors livraison.
C'est aussi pour ça que Vinted ou sa propre boutique reste une vraie question. Sur Vinted, le choix du relais est intégré et l'acheteur ne vous demande rien. Vinted amène aussi ses propres acheteurs. Votre lien, lui, ne les amène pas, et c'est le point le plus honnête de cette comparaison.
Pesez un colis emballé, ouvrez la grille en vigueur de votre transporteur, notez la ligne relais et la ligne domicile pour ce poids. Ajoutez votre coût d'emballage aux deux. Vous avez vos deux prix.
Mettez-les sur la page, relais en premier, avec le prix visible. Ajoutez la phrase sur le délai de garde dans votre message de confirmation. Puis comptez, sur trente jours, combien de colis partent en relais et combien à domicile. Le mélange va bouger, et c'est ce mouvement qui paie.
Si votre boutique se résume encore à des messages privés et à des captures d'écran, la mise en place complète est dans vendre sur Instagram sans site.
Écrit par
Sailo team
Un lien, toute votre boutique.
Un e-mail sur les prix, les photos, la livraison et le fait d'être payé. Sans pub et sans remplissage.
Sailo lui met simplement une porte d'entrée — pour qu'on puisse parcourir, comparer et voir les prix avant de vous écrire.
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